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Dans le sillage de la légende : les équipages régionaux brillent à la Myth of Malham Cup

Les deux équipages nord-vaudois engagés dans cette régate particulière y ont fait bien mieux que de la figuration.

09 août 2026, 19:27, Christiane Baudraz

La Myth of Malham Cup n’est pas une régate comme les autres. Chez les propriétaires de Corsaires, elle représente le rendez-vous suprême, celui dont on rêve toute une carrière. Créée en 1958 par le navigateur britannique John Illingworth, double vainqueur de la Fastnet Race à bord de son yacht Myth of Malham, cette course est devenue la référence absolue de la série. Une longue navigation côtière, des passages délicats, des marées, des courants et des choix tactiques permanents : autant d’ingrédients qui en font une épreuve à part.

Les navigateurs suisses y ont d’ailleurs déjà écrit quelques belles pages d’histoire. Michel Niklaus y a inscrit son nom à deux reprises, en 2002 et 2005, avant que Quentin Freymond ne s’impose en 2023. 

Nord-Vaudois brillants

Cette année, deux équipages de la région étaient au départ à Trébeurden, sur la Côte de Granit Rose : Chopine, barré par Fabien Sache avec Quentin Freymond (Matelote d’Yverdon) et Vincent Amiguet, et Zéphyr, skippé par Frédéric Robin (Cercle de la voile de Grandson) avec Jérome Erard et Bertrand Philippin. Le résultat est à la hauteur de l’événement : Chopine décroche une magnifique 2e place, tandis que Zéphyr se classe 12e sur 26 équipages, une performance remarquable pour des navigateurs peu habitués aux marées bretonnes.

Sur le chemin du retour, Quentin Freymond savoure encore cette semaine bretonne. « Nous sommes arrivés sans avoir pu nous entraîner à cause d’une panne du véhicule de convoyage. Nous ne connaissions les lieux qu’en théorie. Ici, il faut composer avec les courants, les cailloux et les marées. Nous avons choisi la prudence plutôt que de suivre ceux qui coupaient au milieu des rochers. Par moments, il fallait faire fortement gîter le bateau pour éviter de toucher, puis prendre la bonne décision au bon moment pour franchir un phare en profitant du courant. » Au terme des 35 milles (env. 65 km) disputés le long de la spectaculaire Côte de Granit Rose, leur deuxième place prend encore davantage de relief.

Émotions fortes

La Myth of Malham Cup terminée, place au National Corsaire, trois jours de régates mêlant parcours construits (bananes) et côtiers. Les conditions restent exigeantes : grains imprévisibles, départs sous pavillon noir et toujours ces fameux cailloux affleurants qui obligent à rester vigilant. « Certains concurrents français passaient dans des endroits où nous n’aurions jamais osé nous engager », sourit Quentin Freymond.

La semaine a également offert un moment insolite. Lors d’une violente dévente sous spi, Armel Le Cléac’h, vainqueur du Vendée Globe et l’un des plus grands skippers français, est passé par-dessus bord avant de remonter rapidement à bord en conservant son sang-froid. Tout près de la scène, les équipages suisses n’ont pas résisté à la plaisanterie : « On s’est demandé si, en allant le repêcher, il nous inviterait ensuite à naviguer sur son Ultim ! »

Au classement final du National Corsaire, Chopine confirme sa régularité avec une belle 7e place, tandis que Zéphyr termine 14e sur 36 équipages.